Concert de Professeurs
Composé de Carole Garbarg au violon, Niels Hoyrup au violoncelle et Olivier Chauzu au piano, le trio Kazantzakis s'est formé à la suite d'une rencontre « coup de foudre » de ces trois musiciens, collègues professeurs dans le prestigieux conservatoire de Toulouse. Interprètes excellant dans le répertoire français, russe et germanique, ils ont en commun la recherche de la beauté sonore et la fidélité au texte. Pour le concert à l'auditorium St Pierre de Toulouse, il a été décidé de joindre le romantisme élegiaque de Rachmaninoff à la célébration du 150e anniversaire de Maurice Ravel.
Nikos Kazantzakis est un écrivain et philosophe grec du 20e siècle, dont l'éclectisme et la richesse de pensée l'ont consacré comme une des figures les plus essentielles de la littérature mondiale. Son Infatigable recherche d'un idéal de purification très platonienne s'imbrique dans les courants de son temps, à savoir un existentialisme auréolant d'héroïsme la destinée tragique de l'être humain, avec des nuances stoïcistes, héritées évidemment de l'Antiquité grecque. Ses héros, Zorba, le capitaine Mihalis, en sont l'expression sans cesse renouvelée. Cet idéal peut être également celui de l'artiste illustrant son désir de s'approcher sans cesse d'une perfection qu'il ne pourra jamais atteindre, mais dont il doit s'approcher. Kazantzakis romancier, poète, dramaturge, journaliste, humaniste, et tourné inlassablement vers cet idéal de purification, illustre parfaitement le travail de l'artiste, qui se renouvelle, détruit et renaît tout au long de son court passage sur Terre.
PROGRAMME
Rachmaninoff : Trio élégiaque no 2 opus 9 en ré mineur pour violon, violoncelle et piano
• Moderato - Allegro vivace
• Quasi variazione
• Finale : Allegro risoluto - moderato
Composé entre octobre et décembre 1893 sous le coup de l'émotion suscitée par la mort de Tchaïkovski, il est ainsi dédié « à la mémoire d'un grand artiste. Il s'agit d'une œuvre de jeunesse, le compositeur ayant à peine 20 ans lors de son écriture. Unique par ses dimensions et sa profondeur d'émotion, ce trio exprime intensément l'immense tristesse dans laquelle la disparition de Tchaïkovski, qu'il admirait profondément, plongea Rachmaninoff. Il s'isola complètement du monde pour composer cette partition, qu'il commença le jour même de la mort de son confrère. L'ampleur du chagrin se manifeste dès le premier mouvement, rempli d'un deuil profond, dans la plainte en crescendo du violon et du violoncelle, qui s'épanchent sur un lamento obstiné du piano. Pour le deuxième mouvement, Rachmaninov a pris comme modèle le mouvement à variations du Trio pour piano en la mineur de Tchaïkovski. Chacune des variations du thème, emprunté à son poème symphonique Le Rocher (que Tchaïkovski aimait particulièrement), présente un caractère propre et évolue dans un univers sonore et expressif particulier. Le bref finale apparaît comme une lutte entre l'allure résolue du piano et les plaintes des cordes, jusqu'à ce que revienne le début du lamento du premier mouvement, qui s'efface dans les couleurs sombres de l'extrême grave des instruments.
Ravel : Trio en la mineur pour violon, violoncelle et piano
• Modéré
• Pantoum
• Passacaille
• Final
Le premier mouvement, Modéré, s’ouvre sur quatre mesures à 8/8 de rythme inhabituel : 3 croches, puis 3 croches, puis 2 croches à la voix supérieure, se combinant à l’accentuation des 4 noires à la basse. Ce thème particulier, qui évoque peut-être le folklore basque, est repris immédiatement par les cordes en mélodie de caractère méditatif, bien que plus agité dans sa partie médiane.
Le deuxième mouvement, intitulé Pantoum (assez vif), occupe la place du Scherzo classique. Ce terme de « Pantoum », emprunté à la poésie malaise, définit un poème en quatrains dans lequel les 2e et 4e vers de la première strophe sont repris en 1e et 3e places dans la deuxième et ainsi de suite.
Le troisième mouvement est une Passacaille (très large), dont le thème principal, né dans le grave du clavier en 8 mesures à 3-4, passe ensuite au violoncelle puis au violon, s’élevant chaque fois d’une octave . Puis cette démarche est reprise en sens inverse, accentuant encore le caractère méditatif du morceau.
Le très brillant Final (animé), écrit en forme de Rondo sur des mesures à 5-4 et 7-4, est celui dans lequel les effets pseudo-orchestraux sont les plus marqués. Y abondent trilles, arpèges, doubles cordes, en une savante composition d’un goût extrêmement raffiné, d’une exubérante gaieté, qui ne peut laisser personne indifférent.
Accessibilité
Tarifs
Entrée libre dans la limite des places disponibles
Auditorium Saint-Pierre des Cuisines
12 place Saint-Pierre
31000 Toulouse