À partir du 6 février, rendez-vous à la Cité de l'espace pour suivre les aventures de l'astronaute Sophie Adenot en direct de la mission ɛpsilon. Profitez également d'une journée portes ouvertes le jour de son décollage, le 11 février.
Une astronaute française en mission
Sophie Adenot, astronaute de l’Agence spatiale européenne (ESA), décollera le 11 février pour une mission de huit mois à bord de la Station spatiale internationale (ISS).
Vingt-cinq ans après Claudie Haigneré - une des personnalités qui a inspiré son parcours -, Sophie Adenot sera la seconde femme française à séjourner dans l’espace... et a un lien particulier à Toulouse : elle a été diplômée de l’ISAE-Supaero en 2003, à 21 ans. Elle est par la suite devenue pilote d’hélicoptère dans l’Armée de l’air, puis première française pilote d’essai. C’est en 2022 qu’elle rejoint le corps des astronautes de l’ESA et qu’elle s’entraîne pour partir un jour dans l’espace.
Portrait tiré du TIM, le magazine d'informations de la Métropole, numéro 23 (été 2023)
Pilote d’essai et d’hélicoptère, parachutiste, mais aussi professeure certifiée de yoga et désormais apprentie-astronaute… Sophie Adenot n’est pas du genre à se donner le ciel pour limite.
Retour sur son parcours
Solaire. C’est la première impression que dégage la nouvelle recrue de l’Agence spatiale européenne (ESA). Un signe pour cette jeune scientifique amenée à avoir la tête dans les étoiles ? Sophie Adenot, lieutenant colonel dans l’Armée de l’air, a gagné sa place au sein de la nouvelle promotion 2022 des astronautes de l’ESA. Sélectionnée en novembre 2022 parmi 22 589 candidats, elle a dû au préalable franchir six étapes exigeantes : "La préparation, intense, a duré un an et demi, avec des tests cognitifs, psychologiques, de résistance à la pression…", explique la lauréate qui avait décidé de tirer parti de cette expérience formatrice, quel qu’en soit le résultat.
Combattivité et positive attitude donc pour la 11e astronaute française, déjà rodée aux parcours d’excellence : diplômée à 21 ans de l’ISAE-SUPAERO, à Toulouse, elle enchaîne avec un Master of Science au Massachusetts Institute of Technology, puis rejoint Airbus Helicopter à Marignane.
À 23 ans à peine, l’ingénieure intègre l’Armée de l’air comme pilote d’hélicoptère, notamment dans un escadron spécialisé dans la recherche et le secours sur les terrains d’opération, puis devient la première française pilote d’essai.
On comprend qu’il n’y avait plus que les étoiles pour faire rêver la quadragénaire. D’autant que d’autres ont ouvert la voie, comme elle l’explique : "Après un grand-père qui m’a donné le goût des sciences en me racontant, petite, des récits de découvertes et d’explorations, c’est le décollage de Claudie Haigneré pour la station Mir qui a été le déclic". Inspirée par cette astronaute mais aussi par Marie Curie, Sophie Adenot affiche sa gratitude envers "des pionnières aux qualités incroyables [qui] se sont démenées avant moi pour rendre ce chemin possible" et faire qu’aujourd’hui, la sélection des astronautes soit devenue "simplement une affaire de compétences et non une affaire de genre".
À l'école de l'espace
Depuis avril 2023, c’est au Centre des astronautes européens de l’ESA situé à Cologne, en Allemagne, que Sophie Adenot s’entraîne en compagnie des autres membres de sa promotion. Dans l’attente d’aller, un jour, dans l’espace. "La première qualité des astronautes, c’est la patience !, sourit-elle. Et je vais commencer par apprendre le métier d’astronaute dont je ne connais encore rien."
Patience et abnégation sont en effet nécessaires, car la route est encore longue sur le chemin des étoiles : "Avant une potentielle mission, il y a un entraînement minimum de trois ans sachant qu’il peut y avoir plusieurs années d’attente entre les deux phases qui le constituent". Un temps que la jeune femme ne devrait pas voir passer.
Si elle rêve déjà de Lune, elle savoure chaque étape de la formation dispensée à Cologne où elle se sent "comme une enfant dans un magasin de jouets" et a à cœur d’assurer le rôle "d’ambassadrice du spatial pour inspirer d’autres générations et faire connaître l’utilité de ce domaine tout en faisant rêver".
Depuis 30 ans, l’ESA a recruté sept astronautes passés par ISAE-SUPAERO devenu leader mondial des formations supérieures en ingénierie aérospatiale. Une reconnaissance mondiale pour l’établissement d’enseignement supérieur toulousain. Le formidable parcours de Sophie Adenot inspirera à coup sûr ses nombreux étudiants et étudiantes.
Qu'est-ce la mission ɛpsilon ?
Pourquoi "ɛpsilon" ?
Les missions françaises dans l'espace portent traditionnellement le nom d'étoiles ou de constellations. C'est ainsi que cette mission est nommée d'après la 5e lettre de l’alphabet grec, qui est généralement utilisée en astronomie pour désigner la 5e étoile la plus brillante d'une constellation.
Représentée par le symbole “ɛ“, elle signifie aussi en sciences et tout particulièrement en mathématiques, l’infiniment petit. C'est pourquoi l'écusson (ou "patch") de Sophie Adenot montre, par les éléments qui y sont représentés, l'importance des contributions les plus modestes.
Le colibri symbolise l'importance des participations les plus modestes
Les points bleus cerclant le patch soulignent les petites choses qui, collectivement, ont un grand pouvoir
Les trois points bleu-blanc-rouge, en haut, symbolisent à la fois les couleurs du drapeau français et la Terre, la Lune et Mars
Le nom de la mission, ɛpsilon, exprime selon l'ESA "l'image du rôle subtil, mais essentiel d'un astronaute"
L'étoile filante au-dessus du nom de la mission rappelle quant à elle les rêves qui nous inspirent
En quoi consiste la mission ?
Sophie Adenot prendra part durant 8 mois à plus de 200 expériences scientifiques et technologiques européennes, dont une série d’expériences françaises proposées par le CNES. Ces dernières sont développées et suivies par le Cadmos, le Centre d’Aide au Développement des Activités en Micropesanteur et des Opérations Spatiales, situé à Toulouse.
Ces recherches visent à préparer les longs séjours d’exploration du Système solaire. Elles ont aussi des applications sur Terre et permettent d’améliorer la vie grâce aux technologies spatiales.
Objectifs : améliorer les connaissances scientifiques, qualifier de nouvelles technologies mais aussi impliquer la jeunesse dans l’aventure spatiale.
Les expériences mises en place par le Cadmos
Sophie Adenot prendra part à des expériences couvrant différents domaines.
Physiologie et santé :
- EchoFinder (réaliser des échographies en totale autonomie à l’aide de la réalité augmentée et de l’intelligence artificielle)
- PhysioTool (suivre divers paramètres physiologiques de l’astronaute à l'aide de capteurs synchronisés)
- Echo-Bones (réaliser des échographies osseuses avec une nouvelle sonde)
Technologie et préparation du futur :
- MatISS-4 (dispositif passif visant à empêcher la croissance des micro-organismes)
- MultISS (imageur destiné à analyser les bio-contaminations de surfaces à bord de l’ISS)
- EuroSuit (prototype textile de combinaison intra-véhiculaire)
Une expérience éducative :
- ChlorISS (germination simultanée de graines d’Arabette des dames et de mizuna, dans l'ISS par Sophie Adenot et sur Terre avec les élèves de milliers de classes)
Les expériences déjà en place sur l'ISS
Sophie Adenot participera également aux expériences :
- Lumina (dosimètre à fibre optique a pour but de démontrer la fiabilité de ce composant pour la mesure des radiations ionisantes à l’intérieur de l’ISS)
- FoodProcessor (robot culinaire conçu pour valider des fonctions élémentaires de préparation alimentaire en micropesanteur, en vue des missions de longue durée)
- EveryWear (application mobile évolutive permettant de collecter des données médicales et scientifiques via un iPad et des capteurs connectés)
Une exposition immersive
À retrouver dès le 6 février à la Cité de l'espace, au sein du Carré de l'Actu (bâtiment principal, niveau -1).
Tel un centre de contrôle permettant aux équipes au sol de suivre une mission spatiale en cours, l'exposition εpsilon connecte les visiteurs en direct avec le quotidien de l'ISS et la mission de Sophie Adenot. L'occasion de :
- Suivre le quotidien de l’astronaute
- Découvrir les moments forts de la mission expliqués par des vidéos d’experts
- Comprendre la préparation de cette mission et son suivi, en collaboration avec l’ESA et le CNES
Certains instruments nécessaires aux expériences menées dans l'ISS y sont également visibles.
Une journée portes ouvertes
La Cité de l'espace proposera également une journée portes ouvertes gratuite le 11 février, jour du décollage de Sophie Adenot.
Les visiteurs pourront suivre l'événement en direct et commenté par des experts du spatial, et profiter gratuitement de l'offre d'activités de la Cité de l'espace.
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Suivez en direct le décollage de Sophie Adenot : journée portes ouvertes à la Cité de l’espace
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